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Quelques indications pour un oral de CRPE portant sur la compétence :

 

associer le nom de nombres connus avec leur écriture chiffrée

 

 

 

Il s'agit que les élèves soient capables en voyant l'écriture 5 de dire "c'est cinq" et réciproquement, de choisir parmi différentes écritures chiffrées celle qui désigne cinq.

L'adjectif "connus" employé dans le texte officiel ne doit pas être pris à la légère. Le passage à l'écrit n'a d'intérêt que quand les nombres ont acquis leur signification principale : la désignation d'une quantité. Si on ne sait pas prendre 6 crayons, aller chercher juste ce qu'il faut de bouchons pour boucher 6 bouteilles présentes devant soit, ou dire que le maître montre 6 doigts, il n'y a guère d'intérêt à savoir que le graphisme 6 se dit "six"

Le verbe" associer" suppose que l'écriture chiffrée est préexistante : l'apprentissage de l'écriture des chiffres est important (voir en bas de page) mais n'est pas le but de cette séquence.

Par ailleurs, les noms des nombres, aussi bien à l'écrit qu'à l'oral, sont des conventions. Aucune situation de recherche n'est susceptible de faire découvrir aux enfants que "six" correspond à 6, pas plus qu'ils ne peuvent inventer la comptine "un, deux, trois, quatre".

Il s'agit de mettre les élèves en présence des écritures chiffrées, de leur montrer la correspondance entre les écritures et les nombres dits, et de fournir les conditions facilitant la mémorisation de cette correspondance.

 

Un outil fondamental, mais à ne pas introduire trop tôt : la bande numérique.

chiffres2

Cette bande permet à un élève qui rencontre l'écriture "9" ou "11" et ne sait pas encore la lire d'en trouver la signification en comptant de un en un tout en désignant les cases de la bande.

Quand il montre du doigt la case contenant "9", il prononce "neuf", ce qui lui permet de savoir que cette écriture chiffrée se lit "neuf".

Inversement, s'il cherche l'écriture correspondant à "onze", il désigne une à une les cases tout en comptant. La case qu'il montre en prononçant "onze" contient l'écriture cherchée.

 

Cet outil facilite l'utlisation autonome des écritures chiffrées.

Imaginons par exemple une situation où il faut commander bouchons à un élève qui joue le marchand. Si un élève a besoin de 12 bouchons, il peut utiliser la bande numérique pour remplir un bon de commande. Le marchand utilisera lui aussi la bande numérique pour lire le bon.

Cependant, le risque existe, si cet usage de la bande numérique est introduit trop tôt, de renforcer l'idée fausse que le mot "douze" et l'écriture chiffrée correspondante ne désignent qu'une case, la case numéro douze. Or c'est la signification du nombre comme désignant une quantité (et non le numérotage) qui est à la fois la plus fondamentale et la plus difficile à acquérir.

Pour limiter ce risque, on peut faire figurer sous chaque nombre écrit de la bande une représentation de la quantité correspondante (avec des doigts, des configurations de dés…). Il n'est ainsi plus systématiquement nécessaire de parcourir la bande de case en case. On peut par exemple savoir que tous les doigts des deux mains c'est 10 doigts et utiliser directement l'écriture chiffrée correspondante.

Un autre procédé pour limiter ce risque consiste à fournir aux élèves une bande individuelle qui s'allonge avec leur connaissance des nombres : on fournit une bande allant jusqu'à 12 à un élève qui sait non seulement dire la comptine jusque là sans erreur mais aussi réaliser une collection de douze éléments.

En plus des situations montrant l'utilité des écritures chiffrées telles les jeux de marchand, il est nécessaire que les élèves rencontrent des situations d'entraînement individuel. Nous en proposons une ici.

Pour les petits, on peut introduire les écritures chiffrées sans la bande numérique, par exemple à travers des situations comme celle-ci.

Annexe : pourquoi est-il important de savoir bien écrire les chiffres.

Le texte ci-contre est mal écrit, mais la plupart des lecteurs vont le comprendre car sa lecture ne résulte pas exclusivement d'un déchiffrage. Elle met en œuvre des processus complexes faisant intervenir à la fois le déchiffrage et une anticipation basée sur le sens du message.

Il est peu vraissemblable que le lecteur ait identifié un n et un t dans le cadre bleu avant de décider que ces lettres associées au a qui précède produisent le son "an".

chiffres

On peut au contraire supposer que l'appui sur le sens a permis de compenser localement l'impossibilité de déchiffrer.

En revanche, quand il s'agit de chiffres, aucun processus basé sur le sens ne permet de compenser l'identification difficile d'un chiffre mal écrit.

Dans l'addition ci dessus, le chiffre encadré pourrait être un 4 ou un 5, mais rien ne permet de trancher.

 

Nous ne voulons évidemment pas inciter à négliger l'apprentissage de l'écriture correcte des lettres, mais seulement mettre en évidence que celle des chiffres n'est pas moins importante.

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