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Un moment d'apprentissage des tables de multiplication dans une classe de cycle 3.

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Aujourd'hui, nous allons essayer de retenir les trois résultats que j'ai écrits au tableau.

 

Je vais vous laisser du temps pour essayer de les garder dans votre tête, ensuite je vous poserai des questions.

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Quand je vous poserai des questions, je pourrai les poser dans les deux sens, comme ça, et dans n'importe quel ordre, en commençant par six fois sept par exemple.

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Si je vous donne l'opération, il faudra retrouver le résultat, et si je vous donne le résultat il faudra retrouver l'opération.

Pour essayer de garder ces résultats dans votre tête, tous les coups sont permis, je sais que certains aiment bien recopier plusieurs fois, d'autres se répètent dans la tête " 8 fois7 égal 56".

Peu importe du moment que ça marche.

 

Quand vous pensez être prêt, vous pouvez prendre le livre de la bibliothèque que vous êtes en train de lire et avancer de quelques pages pendant que les autres continuent. Attention, il faut rester silencieux même quand on pense avoir bien mis les opérations dans sa mémoire pour laisser les autres apprendre tranquillement.

 

Quand tout le monde aura fini d'apprendre, nous finirons le travail que nous avons commencé hier en français, et c'est seulement après le travail de français que je vous interrogerai.

 

Est-ce que quelqu'un a des questions ?

Personne, ce que vous devez faire est bien clair ? Alors c'est parti.

 

Quelques minutes plus tard, tous les enfants sont passés à la lecture. Le maître laisse à ceux qui ont commencé à lire en dernier le temps de parcourir quelques pages puis annonce :

 

Bien, nous allons maintenant poursuivre notre travail de français, j'efface les opérations du tableau, et je demande à ceux qui ont recopié les opérations sur leur brouillon pour les apprendre de tourner la page. Il ne faut plus les regarder avant que je pose les questions…

 

Et après le travail de français :

 

C'est le moment de voir si vous avez réussi à garder dans votre tête les opérations qui étaient au tableau. Vous prenez votre ardoise et vous répondez dans l'ordre aux trois questions qui sont derrière le tableau que je vais tourner. Ce n'est pas la peine de recopier la question, vous écrivez seulement la réponse.

Vous êtes prêts ?

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Ecrivez…

Montrez !

Je vous remontre maintenant les résultats justes, vous êtes très nombreux à les avoir retrouvés tous les trois. Pour ceux qui n'ont pas tout retrouvé, ce n'est pas grave, nous reprendrons un moment demain pour apprendre ces résultats, mais nous essaierons de les garder plus longtemps dans notre tête.

Le travail pour les mettre en mémoire aura lieu comme aujourd'hui en rentrant le matin, mais je ne poserai les questions qu'après la récréation du matin.

Nous explicitons ci-dessous quelques-uns des choix faits pour la séance présentée.

 

Le nombre de résultats à mémoriser est faible (4 ou 5 constitue un maximum).

 

La façon dont chacun mémorise n’est pas détaillée (il est seulement dit que tous les coups sont permis ). Il est évidemment possible d’être plus précis, mais soyons prudents : sommes-nous certains de la pertinence des conseils que nous allons donner ? En savons-nous suffisamment sur les processus de mémorisation pour donner des indications compréhensibles par les élèves et utiles à tous ?

 

Le temps consacré à la mémorisation est géré par les élèves qui changent d'activité quand ils sont prêts. Dans l'exemple raconté, le changement d'activité est facile à percevoir par le maître qui voit bien quels élèves ont sorti un livre. Si l'activité à laquelle on passe ne se repère pas facilement, on peut proposer un signe conventionnel (par exemple, au lieu de placer la trousse parallèle à la longueur de la table comme on le fait en général, on la place perpendiculairement pour signaler qu'on a fini d'apprendre). Si un élève n'a pas fini dans un délai raisonnable, on peut évidemment lui demander de passer tout de même à autre chose…au moins l'enseignant sait-il que cet élève n'avait pas terminé son travail de mémorisation, ce qui n'est pas le cas quand c'est l'enseignant qui fixe le délai.

 

Les élèves sont prévenus qu’ils devront restituer les résultats de façon différée. Une activité est mise en place pour attirer leur attention sur autre chose entre l’apprentissage et la restitution. Ce point est fondamental, c’est lui qui oblige les élèves à essayer de dépasser la mémoire immédiate. Le temps de délai peut être progressivement augmenté pendant l’année scolaire (on apprend avant la récréation pour restituer après, avant la coupure du midi pour après, le matin pour le soir). C’est un point à clarifier absolument avant de demander de continuer le travail de mémorisation à la maison. En effet, unr pratique spontanée courante dans les familles consiste à relire et interroger aussitôt, voire à questionner sans avoir au préalable cherché à mémoriser. Par ailleurs, il est évident (ou du moins il devrait l'être) que l'école est le lieu privilégié de l'apprentissage. Il n'est pas acceptable que l'essentiel de la mémorisation se fasse à la maison.

 

Les résultats ne sont pas appris dans l'ordre des tables (2x7 puis 3x7, 4x7…). et pour la restitution, les résultats ne sont pas demandés dans l’ordre où ils ont été présentés. De plus, la mémorisation est demandée dans les deux sens (à partir de l'opération ou du résultat). Cela peut paraître très exigeant, mais c'est bien ce sont on à besoin :

Pour ne pas être gêné quand on cherche un problème, il ne faut pas passer deux minutes à retrouver que 6x7 = 42.

Il faut savoir reconnaître du "7" dans 42 et 56 pour simplifier au collège la fraction 42/56.

Il faut, pour poser la division de 431 par 7 savoir reconnaître que 43 est un peu plus grand que 42 qui est dans la table de 7 ce qui est encore plus difficile que ce qui est travaillé ici.

 

Les élèves qui ne se déclarent pas prêts au moment où l’enseignant interrompt le temps de mémorisation sont laissés libres de ne pas participer à la restitution. Il s’agit à nouveau d’un choix plus éthique que technique : notre rôle est d’aider les enfants à apprendre. Si des enfants nous signalent clairement qu’ils n’y sont pas parvenus, quel sens y aurait-il à les contraindre à répondre à nos questions ?

 

Dans la séance décrite, le maître demande aux élèves de montrer leurs résultats, mais il n'est pas indispensable de le faire à chaque séance, on peut demander seulement qui a réussi à retrouver tous les résultats. Quelques séances plus tard, on pourra faire le point en relevant les réponses écrites des élèves. Il est facile dans ce domaine d’adopter une attitude qui insiste sur les réussites : ajouter solennellement sur un document personnel de l’élève les résultats nouveaux qui sont bien mémorisés, délivrer une ceinture ou une étoile à partir d’un seuil défini de résultats.

 

Quand le travail sur la mémorisation des tables de multiplications est bien amorcé en classe, rien n'interdit de demander qu'il soit poursuivi à la maison.

Dans ces conditions, le travail à la maison n'a pas grand chose à voir avec ce qui se passe quand un maître se contente de demander d'apprendre la table de 7 pour demain…contribuant ainsi à augmenter les inégalités entre ses élèves.

 

 

 

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